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LES STATIONS DE DESSALEMENT : ENTRE LE PRESENT ET LES PERSPECTIVES FUTURES

Les stations de dessalement jouent un rôle de plus en plus crucial pour faire face au stress hydrique mondial, et leur importance ne fera que croître à l’avenir.

Voici un aperçu de leur situation actuelle et de leurs perspectives futures :

Présent des stations de dessalement

Actuellement, le dessalement est une technologie mature et largement déployée dans le monde, en particulier dans les régions arides ou semi-arides et celles qui font face à une pénurie d’eau douce.

Nombre et répartition : En 2021, on comptait environ 22 000 usines de dessalement en fonctionnement dans le monde. Le Moyen-Orient et l’Asie-Pacifique sont les régions où la concentration est la plus élevée, mais l’Amérique du Nord et l’Europe de l’Ouest connaissent également une croissance significative. Des pays comme l’Algérie, le Maroc, Israël, l’Espagne et l’Australie investissent massivement dans cette technologie.

Technologies dominantes :

Osmose inverse (OI) : C’est la technologie la plus répandue et la plus efficace énergiquement pour le dessalement d’eau de mer et d’eaux saumâtres. Elle utilise des membranes pour retenir le sel et les impuretés en faisant passer l’eau sous pression.

Procédés thermiques : Moins utilisés pour le dessalement de l’eau de mer en raison de leur consommation énergétique plus élevée, ils sont adaptés pour des eaux à forte teneur en sels dissous ou lorsqu’une source de chaleur résiduelle est disponible (par exemple, dans les centrales de cogénération). On y trouve la distillation à multiples effets (MED) et la distillation flash à étages multiples (MSF).

Systèmes hybrides : Ils combinent les technologies thermiques et d’osmose inverse pour optimiser les coûts de production d’eau.

Capacités croissantes : Des projets de très grande envergure sont en cours ou ont été récemment mis en service. Par exemple, la station d’Oran en Algérie a une capacité de 300 000 m³/jour, et la future usine de Casablanca au Maroc est prévue pour une capacité de 300 000 m³ (avec une extension à 400 000 m³).

Coût : Le coût de production d’un mètre cube d’eau dessalée varie considérablement en fonction de la technologie, de la capacité de l’usine, de l’emplacement et des prix de l’énergie. L’osmose inverse est généralement la plus économique, avec des coûts allant de 1 à 3 €/m³. Les grandes installations peuvent atteindre des coûts aussi bas que 0,32 $/m³. Cependant, les coûts d’investissement (CAPEX) et opérationnels (OPEX) sont en augmentation.

Avenir des stations de dessalement

L’avenir des stations de dessalement est marqué par une expansion continue, des innovations technologiques et une prise en compte accrue des enjeux environnementaux et énergétiques.

Croissance exponentielle : Face à l’aggravation du stress hydrique due au changement climatique, à la croissance démographique et à l’augmentation des besoins en eau, le dessalement est appelé à devenir une source d’eau douce de plus en plus stratégique. Le Maroc, par exemple, prévoit que le dessalement générera 55% de son eau potable d’ici 2030.

Innovations technologiques : La recherche et le développement se concentrent sur plusieurs axes :

Réduction de la consommation énergétique : C’est un enjeu majeur, car l’énergie représente une part importante des coûts d’exploitation et de l’empreinte carbone. Des avancées sont attendues dans l’amélioration de l’efficacité des membranes d’osmose inverse (osmose inverse à très haute pression, membranes plus résistantes au colmatage) et le développement de technologies alternatives (distillation par membranes, osmose forcée).

Intégration des énergies renouvelables : L’alimentation des stations de dessalement par des sources d’énergie solaire (photovoltaïque ou thermique) et éolienne est une tendance forte pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et les coûts d’exploitation.

Gestion et valorisation des saumures : La saumure, sous-produit du dessalement, est un défi environnemental. L’avenir verra le développement de technologies pour réduire son volume, récupérer des minéraux précieux (lithium, magnésium) et minimiser son impact sur les écosystèmes marins.

Intelligence artificielle et numérisation : L’optimisation des processus, la maintenance prédictive et la surveillance en temps réel des performances des usines seront de plus en plus gérées par des systèmes intelligents.

Développement de nouvelles membranes : Des recherches sont en cours sur des membranes plus sélectives, plus durables et moins sujettes au colmatage.

Enjeux environnementaux : Bien que le dessalement soit une solution vitale, ses impacts environnementaux sont une préoccupation croissante :

Rejet de saumure : La saumure hyper-saline, souvent mélangée à des produits chimiques, peut perturber les écosystèmes marins locaux (salinité, anoxie, toxicité). Des solutions de dilution, de dispersion améliorée et de valorisation sont à l’étude.

Consommation énergétique et empreinte carbone : Malgré les progrès, le dessalement reste énergivore. L’utilisation d’énergies décarbonées est essentielle pour réduire son impact sur le changement climatique.

Prélèvement d’eau de mer : Les prises d’eau peuvent affecter la faune et la flore marines (ingestion d’organismes, colmatage des grilles). Des systèmes de prise d’eau sous-marine ou de puits côtiers sont envisagés pour minimiser ces impacts.

Politiques et partenariats : Les gouvernements et les entreprises privées vont continuer à développer des partenariats pour financer et construire ces infrastructures coûteuses. La planification stratégique de l’eau intégrera de plus en plus le dessalement dans une approche globale de gestion des ressources.

En somme, les stations de dessalement sont et resteront une composante essentielle de la sécurité hydrique mondiale. L’avenir sera caractérisé par des technologies plus performantes, moins énergivores et plus respectueuses de l’environnement, permettant une production d’eau douce à grande échelle pour répondre aux besoins croissants de la population.